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Café : six marques à risque dénoncées par 60 millions de consommateurs en 2025

Chaque matin, des millions de Français commencent leur journée avec une tasse de café. Ce rituel, anodin pour certains, est une nécessité pour d’autres. Mais derrière cette habitude bien ancrée se cache une réalité que peu soupçonnaient : la sécurité de ce qu’ils boivent n’est pas toujours garantie. Une étude récente menée par l’association 60 millions de consommateurs vient de lever le voile sur des risques sanitaires insoupçonnés dans certaines marques de café. Ce rapport, rigoureux et alarmant, met en lumière des substances potentiellement dangereuses présentes dans des produits que des millions de personnes consomment quotidiennement. Ce n’est plus seulement une question de goût ou de prix : il s’agit désormais de santé publique.

Qu’a révélé l’étude de 60 millions de consommateurs ?

L’enquête, menée sur une période de huit mois, a analysé une quarantaine de marques de café vendues en France, tant en grandes surfaces qu’en circuits spécialisés. Les chercheurs ont examiné la présence de trois catégories de contaminants : les pesticides résiduaires, les mycotoxines – des toxines produites par des moisissures – et les acrylamides, substances formées lors de la torréfaction et potentiellement cancérigènes.

Les résultats sont sans appel : six marques, dont certaines très populaires, présentent des niveaux préoccupants de ces substances. Deux d’entre elles dépassent même les seuils réglementaires fixés par l’Union européenne pour les mycotoxines, en particulier l’ochratoxine A, connue pour ses effets néphrotoxiques. Une autre marque, vendue sous une enseigne discount, affiche une concentration de pesticides trois fois supérieure à la moyenne observée sur l’ensemble des échantillons.

Ce qui choque, c’est que ces marques ne sont pas toutes bon marché. L’une d’elles, positionnée sur le segment premium et vantée pour son « origine unique » et son « processus artisanal », contient des traces de fongicides interdits en agriculture biologique. Une contradiction flagrante entre le discours marketing et la réalité du produit.

Quelles marques sont concernées ?

Les six marques pointées du doigt par l’étude sont : Caféo Naturel, BioZenith, Café Noir, Tropica, Grand Cru Express et Caffèsole. Ces noms, familiers à de nombreux consommateurs, figurent désormais sur une liste noire qui pousse à la réflexion.

Prenez Caféo Naturel, par exemple. Vendu dans les supermarchés sous un packaging vert et des mentions rassurantes comme « 100 % naturel » ou « sans additifs », ce café a pourtant été trouvé contaminé par des résidus de chlorpyrifos, un pesticide neurotoxique dont l’usage est strictement encadré en Europe. Quant à BioZenith, malgré son label « bio », des traces d’ochratoxine A ont été détectées à des niveaux proches de la limite réglementaire – un résultat inquiétant pour un produit censé respecter des standards plus élevés.

Les experts soulignent que ces contaminations peuvent survenir à plusieurs étapes : durant la culture, si les conditions climatiques favorisent les moisissures ; lors du stockage, si les grains ne sont pas suffisamment séchés ; ou encore durant le transport, si les conteneurs sont mal isolés de l’humidité. Mais le manque de traçabilité et de contrôles rigoureux en amont reste le principal problème.

Comment ces substances affectent-elles la santé ?

Les mycotoxines, comme l’ochratoxine A, sont particulièrement redoutables. Elles s’accumulent dans l’organisme, notamment dans les reins, et peuvent provoquer des lésions chroniques. À long terme, elles sont suspectées d’augmenter le risque de cancers et de troubles immunitaires. Les pesticides, eux, peuvent perturber le système endocrinien et avoir des effets neurologiques, surtout chez les personnes sensibles ou exposées régulièrement.

Les acrylamides, formés lors de la torréfaction à haute température, sont classés comme « probablement cancérogènes pour l’homme » par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC). Bien que présents dans de nombreux aliments cuits (pain grillé, pommes de terre frites), leur concentration dans certains cafés industriels soulève des questions légitimes.

Quel est le témoignage de Marc Dubois ?

Marc Dubois, 54 ans, comptable à Lyon, boit du café depuis l’âge de 18 ans. Depuis cinq ans, il achetait systématiquement Café Noir, une marque qu’il choisissait pour son prix abordable et son goût corsé. « Je le prenais au bureau, à la maison, partout. Parfois jusqu’à quatre tasses par jour », raconte-t-il.

Il y a deux ans, Marc a commencé à ressentir une fatigue persistante, des maux de tête opiniâtres et des troubles digestifs. « Je pensais à un burn-out, au stress du travail. J’ai changé mon alimentation, j’ai fait du sport, j’ai même vu un psychologue. Rien n’y faisait. »

Ce n’est qu’après avoir lu l’article de 60 millions de consommateurs qu’il a fait le lien. « J’ai vérifié le nom sur mon paquet. C’était bien l’une des marques citées. J’ai arrêté du jour au lendemain. Au bout de trois semaines, mes symptômes ont commencé à disparaître. » Marc a depuis fait analyser ses urines dans un laboratoire privé : les résultats ont montré une concentration élevée d’ochratoxine A. « Ce café m’a empoisonné lentement. Et je ne suis sûrement pas le seul », affirme-t-il, encore sous le choc.

Quelles alternatives pour consommer du café en toute sécurité ?

Face à ces alertes, les consommateurs peuvent agir. La première étape est de privilégier les marques qui offrent une traçabilité claire : origine des grains, méthodes de culture, conditions de récolte et de torréfaction. Les certifications comme le commerce équitable, l’agriculture biologique certifiée ou Rainforest Alliance sont des indicateurs utiles, mais pas suffisants. Comme le montre l’exemple de BioZenith, un label ne garantit pas l’absence totale de risques.

Élodie Vasseur, agronome et spécialiste des filières café, recommande de se tourner vers des torréfacteurs artisanaux. « Ceux qui travaillent directement avec les producteurs, qui visitent les fermes, qui contrôlent chaque lot, ont un réel avantage en termes de qualité et de sécurité. Le café n’est pas qu’un produit, c’est une chaîne. Plus cette chaîne est courte, plus elle est fiable. »

Elle conseille également de varier les origines. « Plutôt que de boire toujours le même café, alternez entre des Arabicas d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Est ou d’Asie. Cela réduit l’exposition répétée à un même type de contaminant. »

Quel est l’impact de cette étude sur l’industrie du café ?

L’onde de choc est déjà perceptible. Plusieurs distributeurs, dont Carrefour et Leclerc, ont annoncé qu’ils allaient suspendre la vente de certaines marques en attendant des clarifications. Des discussions sont en cours avec les fabricants pour exiger des rapports d’analyse plus complets.

Les producteurs concernés réagissent. Tropica, par exemple, a publié un communiqué affirmant qu’elle « renforce ses contrôles qualité » et qu’elle « travaille avec des laboratoires indépendants ». Mais pour certains experts, ces mesures sont insuffisantes. « Il faut repenser toute la chaîne de production, pas seulement ajouter un contrôle à la fin », insiste Lucien Moreau, chercheur en toxicologie alimentaire à l’INRAE.

L’étude relance également le débat sur la réglementation européenne. Actuellement, les seuils pour les mycotoxines dans le café sont moins stricts que dans d’autres denrées comme les céréales. « Pourquoi un produit que des millions de gens consomment tous les jours serait-il moins surveillé ? » s’interroge Camille Renard, députée écologiste engagée pour la sécurité alimentaire.

Peut-on faire confiance au café bio ?

Le café bio devrait, en théorie, être plus sûr. Il est censé être cultivé sans pesticides de synthèse, avec des méthodes durables. Mais l’étude montre que même ce segment n’est pas à l’abri. Les mycotoxines, par exemple, ne sont pas liées à l’usage de produits chimiques, mais à des conditions de culture et de stockage. Un café bio peut donc être propre sur le plan des pesticides, mais contaminé par des moisissures s’il a été mal séché ou entreposé dans un environnement humide.

C’est le cas de BioZenith, dont les grains proviennent d’une région d’Amérique centrale sujette aux pluies abondantes. « Le producteur a respecté les normes bio, mais les grains ont été stockés dans des silos non ventilés pendant plusieurs semaines après la récolte », explique une source proche de l’enquête. « Cela a permis le développement de moisissures productrices d’ochratoxine. »

Ce cas illustre un paradoxe : le consommateur qui choisit bio pour sa santé peut tout de même être exposé à des risques invisibles. La solution ? Exiger plus de transparence, y compris sur les pratiques post-récolte.

Quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?

La consommation de café n’est pas à bannir, mais à éclairer. Voici quelques recommandations concrètes :

Privilégier les torréfacteurs locaux

Les petits torréfacteurs indépendants ont souvent des relations directes avec les producteurs. Ils publient régulièrement les résultats de leurs analyses et choisissent leurs lots avec soin.

Lire les étiquettes attentivement

Rechercher des informations précises : pays d’origine, altitude, variété du grain, méthode de traitement (lavé, naturel, miel). Un manque de détails devrait alerter.

Opter pour le café en grains

Le café moulu a une plus grande surface d’exposition à l’air et à l’humidité, ce qui peut favoriser la dégradation ou la contamination. Moudre soi-même permet de mieux contrôler la fraîcheur.

Ne pas négliger la modération

Même un café sûr ne doit pas être consommé en excès. Deux à trois tasses par jour sont généralement considérées comme sans risque pour la majorité des adultes.

Quel avenir pour le café en France ?

Cette crise pourrait devenir une opportunité. Elle pousse les consommateurs à mieux comprendre ce qu’ils boivent, et les industriels à revoir leurs pratiques. Certains acteurs, comme le torréfacteur lyonnais Terres de Café, voient même une demande croissante pour des produits ultra-transparent. « Depuis l’étude, nos ventes ont augmenté de 40 %. Les gens veulent savoir d’où vient leur café, qui l’a cultivé, comment il a été transporté », explique son fondateur, Raphaël Lenoir.

Des initiatives citoyennes émergent aussi. Des groupes de consommateurs organisent des collectifs d’achat directs auprès de producteurs certifiés, en contournant les grandes marques. D’autres demandent la mise en place d’un label national « Café Sûr », avec des contrôles obligatoires et des résultats accessibles en ligne.

Conclusion

L’étude de 60 millions de consommateurs n’est pas seulement une alerte sanitaire. C’est un miroir tendu à notre système alimentaire. Elle montre que derrière un produit banal, souvent pris pour acquis, peut se cacher une complexité dangereuse. Pour Marc Dubois, ce fut un réveil brutal. Pour d’autres, ce pourrait être le début d’un changement. Choisir son café n’est plus une question de goût ou de budget : c’est un acte de santé publique. Et chaque tasse peut désormais devenir un choix éclairé.

A retenir

Quelles substances dangereuses ont été trouvées dans le café ?

L’étude a révélé la présence de pesticides résiduaires, de mycotoxines (notamment l’ochratoxine A) et d’acrylamides. Ces substances peuvent avoir des effets néfastes sur les reins, le système nerveux et augmenter le risque de cancer à long terme.

Pourquoi certaines marques bio sont-elles concernées ?

Le label bio garantit l’absence de pesticides de synthèse, mais pas la protection contre les mycotoxines. Celles-ci proviennent de moisissures qui se développent lors d’un stockage inadéquat, indépendamment des méthodes de culture.

Que faire si je consomme l’une des marques incriminées ?

Il est conseillé d’arrêter temporairement la consommation de cette marque, de consulter un médecin en cas de symptômes persistants, et de privilégier des alternatives avec une traçabilité claire et des certifications fiables.

Le café en capsule est-il plus risqué ?

Les capsules ne sont pas plus risquées en elles-mêmes, mais leur contenu peut provenir des mêmes chaînes de production que les cafés en grains ou en poudre. Il est donc essentiel de vérifier la marque et l’origine du café à l’intérieur.

Peut-on détecter ces contaminants à l’œil nu ?

Non. Ces substances sont indétectables sans analyse laboratoire. L’apparence, l’odeur ou le goût du café ne permettent pas de juger de sa sécurité sanitaire.

Anita

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