Les consommateurs français vont devoir faire leurs adieux à 24 magasins C&A d’ici début 2026. Une décision qui témoigne de l’effondrement d’un modèle commercial face aux géants du e-commerce et qui laisse plus de 300 salariés sur le carreau. Après les emblématiques boutiques parisiennes de Rivoli et Haussmann il y a deux ans, c’est désormais au tour de nombreuses villes de province de voir leurs enseignes C&A disparaître.
La liste noire des fermetures frappe toute la France
Le couperet est tombé : C&A a dévoilé la liste des 24 magasins condamnés à fermer leurs portes. De Lille à Nantes, en passant par Nancy et Tours, aucune région n’est épargnée. Dans les Hauts-de-France, les boutiques de Lille, Louvroil, et Proville sont sur la sellette. En Île-de-France, c’est Fresnes, Buchelay, Carré Sénart, Cergy et Brétigny-sur-Orge qui font les frais de cette restructuration.
Si la Bourgogne-Franche-Comté semble provisoirement épargnée, la région Rhône-Alpes devra dire adieu à plusieurs boutiques à Lyon et dans le département. Un coup dur pour des zones commerciales déjà fragilisées.
Carte des fermetures de magasins C&A en France
Une saignée qui s’inscrit dans un long déclin
Cette nouvelle vague de fermetures n’est pas la première. Déjà en 2019, C&A avait annoncé la suppression de 14 magasins, suivie en 2020 par l’annonce de 30 fermetures supplémentaires. Entre 2019 et 2020, ce sont ainsi 331 postes qui ont été supprimés en France.
La chaîne, qui comptait 150 magasins en 2019, va désormais se retrouver avec moins de 80 points de vente sur le territoire français. En plus des boutiques, les 57 « corners » C&A présents dans les hypermarchés vont également disparaître, les partenariats avec Intermarché, Carrefour et Auchan n’ayant pas été renouvelés.
Des raisons structurelles qui condamnent le secteur entier
Ce désastre commercial s’explique par plusieurs facteurs. La principale raison ? L’inflation et la crise du pouvoir d’achat qui poussent les consommateurs à réduire leurs achats « non-essentiels ». À cela s’ajoute la concurrence féroce du e-commerce et des plateformes de seconde main comme Vinted.
Le secteur du prêt-à-porter traditionnel paie également son manque d’adaptation au numérique et l’essor du fast-fashion qui a révolutionné les habitudes de consommation. Les chiffres sont éloquents : le secteur a perdu un client sur cinq en quatre ans.
Des territoires dévastés par ces fermetures en cascade
L’impact économique local de ces fermetures est considérable. Au-delà des emplois directs supprimés, ces décisions affectent tout un écosystème : fournisseurs, commerçants de proximité et collectivités locales qui perdent des recettes fiscales importantes.
Ces fermetures contribuent également à la désertification commerciale des centres-villes et zones commerciales, diminuant l’attractivité des territoires concernés. Plus grave encore, elles affaiblissent les liens sociaux et l’animation des quartiers, créant un sentiment de déclin économique et social.
Alors que C&A continue son inexorable repli du marché français, une question demeure : quelle enseigne sera la prochaine à tomber dans ce secteur en pleine tempête ?